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Pour ma 2° participation à ce monument du MTB que représente la TransVésubienne, je me risque à un premier retour dans l’aspiration. La course est longue et tout s’enchaîne très vite sur les sentiers Vésubiens à tel point que j’ai encore du mal à tout ordonner…
en images, le choix de la rédaction :




Coté matos et malgré la boue en début d’épreuve, rien à déplorer. Le prologue du samedi, sur lequel je ne reviendrai pas plus longtemps tellement il m’a semblé décontextualisé et source de stress, m’a obligé à prévoir une paire de roue plus enduro montée avec de gros pneus. Nous nous sommes d’ailleurs bien embêté inutilement car d’enduro il n’y avait que le nom et le départ par vagues de 50 en descente. je n’avais qu’un objectif: éviter la chute et pire encore le bris de matériel. Le parcours nous a tout de même obligé à un effort d’une trentaine de minutes avec énormément de pédalage… Pour rester dans le positif il m’a tout de même apporté 2 choses:
Le samedi après midi, débute une longue séance mécanique où je peux constater avec admiration la maîtrise Catalane. Ça se bouscule sous la tente TwoNav TransbiKING pour préparer les vélos. Damien entreprend un remontage complet de son NGN140 avec maîtrise et sang froid malgré un tête à tête musclé avec un cable et une transmission trop neuve qui chante un peu trop. Brice quand à lui est obligé de faire appel au savoir faire et à la maîtrise Ariégeoise pour purger sa tige de selle télescopique ! Le temps passe vite et la nervosité se fait sentir lorsque approche l’heure de la bière… La tension sera à son comble lorsque l’orage éclate et la pluie s’abat sur la Colmiane. Ce sera décidément trés gras sur le début de parcours demain matin !
Au moment où chacun rejoint ses appartements, alors que Damien s’engouffre dans son igloo Brice entreprend un CrazyNav nocturne dans son van à la recherche de ses clés… A ce moment là, je me dis en l’observant s’agiter qu’il aura du mal à s’endormir.
Yann et Sylvain nous saluent une dernière fois, on les retrouvera le lendemain sur le parcours et à l’arrivée sous une tente SPé là où les « brains » se rejoignent !
Je rejoins alors mon Jéjé national dans le van pour une nuit agrémenté de divers bruits d’animaux vociférants.





On attaque la journée par une première surprise. Une fois de plus, je me suis trompé pour régler le réveil ! Au lieu de 4h45, j’ai préféré 5h45 et je suis réveillé par Brice qui tape sur la porte à 5h40 pour une mise en grille à 6h ! De ce coté là, je ne suis pas à mon coup d’essai puisque j’avais déjà expérimenté cette technique lors de l’ultra raid de la Meije. Pas le temps de tergiverser, un café, un gâteau sport englouti et hop, direction le sas de départ.
Le début de course est dur puisqu’il faut remonter toute la station par une piste de ski très pentue. Je me cale juste derrière le peloton de tête dans les 20 premiers et gère mon effort sereinement pour ne pas trop taper dedans. Contrairement à l’an dernier, Brice se retrouve rapidement à mes cotés et semble être dans l’allure. les jambes sont bonnes, pas d’affolement, la course est longue. Dans une épingle, je vois Damien un peu en retrait dans les 40 premiers environ. On recouvre le vélo de boue dans la première descente en forêt et on attaque le pic de la Colmiane roue dans la roue avec Brice. Le rythme n’est pas trop rapide, Florian GOLAY nous demandera poliment s’il peut passer devant avant d’attaquer la première descente technique dans les racines humides à l ‘approche du Col d’Andrion. Aprés lui avoir demandé de se présenter, je l’informe que je vais bien le laisser passer avec respect mais que je ne suis pas sûr que mon coéquipier fasse de même. Il n’en sera rien et je constate avec surprise que Brice n’essaiera pas de le suivre. Je m’interroge mais fais confiance à son expérience sur la gestion de l’effort.
La descente vers le Brec d’Utelle est un régal mais le rythme n’est pas bon ! Brice semble tétanisé et n’engage pas sur un terrain humide et gras qu’il n’apprécie pas. Dans une épingle il perdra même tous ses gels énergétiques ce qui n’arrangera rien. J’essaie de le remotiver en lui disant que je lui en donnerai mais nous ne descendons pas assez vite. Peu après, Damien nous rejoindra et nous attaquons l’approche du Brec à 3 sereinement. Je me souviens avoir roulé trop fort l’an passé sur cette section et gère mon allure patiemment. Cette année, je connais l’enchaînement des difficultés et je me repère sur le parcours. Dans le portage du Brec, je laisse Damien passer devant, l’encourage et me dis que je ne le reverrai plus.
La course reprend et nous attaquons donc un des passages les plus techniques de cette TransV. Je galère un peu mais fort de ma tige de selle télescopique je passe nettement mieux que l’an passé. Dans une épingle Brice me dépasse en coupant droit dans la pente et je me dis là encore que j’aurais du mal à le revoir. Je m’accroche et finalement le rejoins assez vite dans la descente sur Utelle. C’est désormais sûr, il n’est vraiment pas dans un bon jour ! En remontant vers la Madonne, il m’informe souffrir de sa douleur récurrente au niveau du muscle pyramidale. Je l’invite à chasser immédiatement toute forme de pensée négative et il repart sur un bon rythme dans le portage avant la Madonne d’Utelle.
Cette année, pas de ravitaillement pour moi. Je suis autonome en eau et produits énergétiques MuleBar et je sais que je peux tenir la distance et la durée jusqu’à Levens. Au début de la descente, Brice fait une faute, pose son pied en aval du devers et tombe. Je le passe, continue et peu aprés en me retournant je ne le vois plus ! Je suis inquiet mais continue car on est plus sur les Chemins du Soleil…
J’avais fait un beau salto en 2011 sur cette descente et me concentre pour descendre proprement. C’est très long comme descente et les difficultés s’enchaînent inlassablement. Au pont de Cros, je me sens bien et me prépare à produire mon effort. C’est à partir de là que la transV commence ! je fais un check up rapide, salue Jéjé qui m’attend là et attaque la montée super motivé. Yann et sylvain sont là aussi et surprise j’aperçois Damien dans le premier lacet du portage. En le doublant, il m’informe qu’il a fait lui aussi un salto dans la descente et qu’il souffre du genou. Je sens qu’il lâche le morceau mentalement et tente de le motiver en lui disant que tout le monde n’est pas au mieux à ce moment de la course. Je repars alors sur un bon rythme. C’est maintenant qu’il faut donner !
Alors que je commence à remonter quelques concurrents qui perdent une énergie folle à essayer de monter sur le vélo, j’entends Brice qui revient sur moi ! Ça me fait super plaisir de me retrouver avec lui à ce moment là et je me sens décidément très bien. Je coupe quelques épingles en escaladant le vélo sur le dos mais Brice fait encore mieux puisqu’il me double en en coupant une que je n’aurais même pas envisagé tellement elle est pentue. Peu avant la déchetterie de Levens, on prend du plomb sur le casque car il y a un Ball Trap ! Une fois, 2 fois et encore… Formidable cette course ! Brice retrouve son ravitailleur et ô surprise, Jéjé n’est pas là ! Je n’ai plus d’eau et il n’a pas pu arriver à temps. Ca m’affole un peu mais je continue à fond en me disant que je m’arrêterai au prochain ravitaillement, tant pis. Je reprends encore 2 concurrents dans cette ascension de 1000mD+ et poursuit sans baisser de rythme.
Sur une piste, je reprends un autre coureur qui essaie de s’informer sur la longueur de cette portion. J’essaie de lui répondre en anglais mais je ne connais pas cette nouvelle section. Il essaie de s’accrocher mais je le lâche assez facilement. Décidément, je me dis que l’entraînement a été efficace, je me sens super bien. Au ravitaillement de levens, alors que je me prépare à engloutir tout ce que je peux en un minimum de temps, je retrouve Jéjé affolé de m’avoir loupé qui me remplit ma poche à eau pendant que je vide 6 verres de coca d’un trait !
Vient ensuite le seul passage où j’accuse un peu le coup. Un long chemin typé voie romaine sur un faux plat montant truffé de cailloux sur lequel il est trés difficile de pédaler. Ma transmission craque de partout, la boue du début a tout séché et je me dis que ma chaine va casser. Je suis inquiet car j’ai oublié ma petite fiole de SQUIRT. Heureusement, aprés le pointage de Plan d’Arriou, Anthony qui attend Brice me vide une bombe de WD40 et je repars surmotivé. Le Finlandais me reprend sur la route et je le re-dépose dans le technique peu aprés. J’attaque la longue section sur route de 2 ou 3km pied au plancher avec la ferme intention de ne rien lacher jusqu’au bout. dans le portage du Mont Chauve, je reprends Arnaud HACQUARD avec lequel je ferai un bout de route. Au pédalage, il est plus rapide mais j’arrive à prendre quelques longueurs dans la jungle avant d’arriver sur Nice. Malheureusement, le final ne me sera pas favorable car sur les 5 derniers kilomètres en ville sur le plat, il me prendra 1 minute. C’est le seul moment où mon mono plateau de 26 semble un peu léger. Greg GERMAIN qui était sur le parcours juste avant Nice avait bien crié quelque chose comme 9 et 10 mais je n’y croyais pas trop. Lorsque le speaker à l’arrivée me le confirme, c’est une énorme satisfaction !
6h53′ c’est le temps qu’il m’aura fallu pour venir à bout de cette 20° TransVésubienne. Peu aprés, Brice passe la ligne en 13° position et Damien le suit à la 15° place ! François BAILLY MAITRE s’impose pour la 3° fois en 6h10′, la classe internationale, total respect pour ce grand champion !
Un joli tir groupé pour l’équipe puisque nous remporterons ce classement particulier. Je suis forcément un peu déçu pour Brice qui n’est pas à sa place mais suis content de voir Damien finir sa première transV sans rien lâcher jusqu’au bout. Il aura le temps de performer sur cette course et quelque chose me dit que nous n’attendrons pas longtemps…
En 2011 pour ma première transV, j’avais souffert tout le long, cette année je me suis régalé sur ce parcours qui rassemble toutes les caractéristiques du MTB comme je l’aime. J’ai pris des risques au niveau entraînement en roulant comme jamais durant tout ce mois de Mai mais je constate que la forme était bien au rendez vous. Avec un peu plus de confiance en moi j’aurais certainement pu rouler plus fort en début de course mais je n’ai pas de regrets. Il faut apprendre à se connaître et même à un certain âge, on continue de découvrir les possibilités de son corps…
Je vais pouvoir maintenant reprendre une activité normale…
J’en profite également pour saluer tous les transbiKers croisés ce week end, ça fait plaisir de voir que la convivialité et le partage que nous essayons d’apporter sur les TransbiKING fait son chemin !




il est tombé juste devant moi sans gravité, je lui ai demandé si ça allait et j’ai continué ma route. C’est bien plus bas que j’ai constaté qu’il n’était pas derrière moi. Penses tu qu’il ait fallu que je remonte ? De toute façon, si je remontais c’était pour l’achever car il n’avait aucune chance de survie dans cet univers impitoyable avec un pyramidal douloureux…
[...] de palliatif à ma déception, je préfère me raccrocher aux performances de mes 2 partenaires : Laurent qui rentre dans son objectif du top 10 et Damien qui avec une fantastique 15° place pour sa [...]
Dans ton récit, il n’était pas mentionné qu’avant de poursuivre tu t’étais inquiété de son état, c’est ce qui m’a choqué comme d’autres internautes ayant lu ton récit. Si Brice t’as dit que c’était OK, alors là pas de problème, tu as fait le bon choix
Perso, je me demande ce qui te permet de demander à F.Golay de se présenter avant de laisser passer. (cf propos de Brice sur VV). A vouloir se la jouer un peu trop pour le classement, il arrive que l’on trouve toujours plus fort que soi. Il faut toujours rester humble en toute circonstance et « ne pas choper le melon ». M’enfin bon…
Bougre de sauvage d’aérolithe de tonnerre de Brest ! Qu’est-ce qu’il raconte encore ce bachi-bouzouk de journaleux rouquin ?
Quel ectoplasme ! Il n’a vraiment rien d’autre à faire que de laisser des commentaires… de journaliste.
Je vais me le farcir à la graisse de hérisson !
PS : C’est au minimum du 3e degré. Oui, celui juste après le 2e que parfois certains protozoaires mal lunés ont du mal à saisir.
PS2 : Je sais, je sais ; là, ça part en sucette
Salut les TransBikers
Superbe perf du trio. Bravo
Je parcours les CR et les photos qui arrivent de partout.
C’est un bonheur de revivre cet évènement avec tous les participants, qu’ils soient devant pour les premières places ou au fond pour tenter de finir.
Une épreuve gigantesque, qu’on ne peut comprendre qu’en l’ayant faite ou tenter de la faire.
A bientôt
Au 3 vallées par exemple
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Yves
Bravo Laurent !
Visiblement vous aviez bien récupéré des ‘Chemins du Soleil’.
Juste une chose qui me choque; tu constates que Brice est tombé, disparu de ta vue, or les sentiers de la Transve étant plutôt difficile d’accès rapidement pour des secours, ma première réaction à ta place -malgré que ça soit une compétition- aurait été de m’arrêter, prendre des news de l’état du participant ayant chuté, voir l’assister si le cas est sérieux, pour reprendre la course une fois rassuré.